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jeudi 13 février 2014

Bilan Erosion Janvier 2014 - Cote sableuse #2 - Zoom Landes

Après la Gironde descendons dans les Landes où l‘érosion est globalement plus modérée que dans le Médoc même si une falaise vive entaille le cordon dunaire sur la quasi-totalité du département. L’érosion globalement est la plus forte (recul du trait de côte de l’ordre de 10 m, falaise dunaire vive de 6 à 12 m de haut) au Sud de chaque courant landais, ainsi qu’entre Capbreton et Ondres.
Des dégâts sur les ouvrages côtiers ont été observés : destruction de la majorité des escaliers d’accès de plage (Messanges, Vieux-Boucau, Ondres, etc.), altération des enrochements (Nord de la Plage de la Savane à Capbreton).

ZOOM LANDES

BISCARROSSE :
- Plage du Vivier : Effondrement de la falaise devant la DZ. RAS au Nord de l’accès. Présence de petites falaises vives (1 à 2 mètres de haut au Sud de l’accès.
- Plage centrale : la commune a mis en place des protections sous forme d’andains de sable englobant des barrières pvc. Ces protections ont joué leur rôle et évité les érosions.
- Plage Sud : falaise de 2 à 3 mètres de haut sur tout le linéaire de plage.
- CELM : Erosion importante dans les zones de banquettes établies hauteur maximum 4 mètres. - Plages très fortement dégraissées, risque de fortes érosions en cas de nouvel évènement.

MIMIZAN :
- Niveaux d’érosions classiques en période hivernale (falaises 1 à 2 mètres)
- Erosion importante et localisée de la dune juste au Sud de l’embouchure (10 m de recul estimé.
- A noter que le niveau d’eau a atteint le sommet de la dune au sud du courant ainsi que le tablier du pont dans l’embouchure du courant, avec des submersions ayant causé des dégâts en amont.

Saint julien en Born / Lit et Mixe / Vielle Saint Girons :
- Niveaux d’érosions classiques, 11 entailles d’érosion sur un linéaire de 2,2 km.
- Deux zones de forte érosion, hauteur de falaise 4 – 5 mètres, recul de 8 mètres. Le linéaire de chacune des zones est de 250 mètres.

MOLIETS :
- Erosion marine 300 mètres de long, hauteur de falaise 3 – 4 mètres, recul 7 mètres

MESSANGES :
- Erosion marine 300 mètres de long, hauteur de falaise 3 – 4 mètres au droit de la descente plage, recul de 7 m.

VIEUX BOUCAU :
- Erosion marine 400 mètres de long, hauteur de falaise 2 – 6 mètres, recul de 8 à 10 mètres (Haut de falaise au bord du restaurant)

SOUSTONS :
- Erosion marine au sud de la digue de 300 à 500 mètres de long, hauteur de falaise 6 mètres, recul de 6 à 10 m.

 
ZOOM SUD LANDES

SEIGNOSSE :
- Erosion marine marquée au niveau du plan plage des Estagnots (clôtures de pied de dune récentes emportées), et de la plage du Penon, recul limité estimé à 2 m.

CAPBRETON :
- Tout le littoral Sud (après les défenses contre la mer) est fortement érodé : plages de la Savane, des Vignes et de la Piste recul d’environ 6 m, hauteurs de falaises de 10 à 12 m.

LABENNE :
- Erosion marine assez marquée sur la zone du plan plage

ONDRES :
- Forte érosion au droit de l’escalier d’accès plan plage (8 à 10 m. de recul, hauteur de falaise de 6m), recul général sur le secteur entre 3 et 6 m.

TARNOS
- Erosion modérée du pied de dune (rare sur ce secteur), présence d’overwash sur la dune (débordement du jet de rive sur la dune)


Vos contributions sont comme toujours bien évidemment les bienvenues !

Le zoom Pays Basque suivra quant à lui bientôt via certainement d'autres relais d'informations....

El mar mi alma



 
"Dans vingt ans, vous serez plus déçu par ces choses que vous n'avez pas faites que par celles que vous avez faites. Alors larguez les amarres. Mettez les voiles et sortez du port ô combien sécurisant." Explorez. Rêvez. Découvrez."
...et surfez !
 
Mark Twain

vendredi 7 février 2014

Bilan Erosion Janvier 2014 - Cote sableuse #2 - Zoom Gironde

Comme prévu vous trouverez ci-après un compte-rendu certes non-exhaustif mais tout de même un peu plus précis par zones grâce au travail partenarial minutieux, précis et passionné des techniciens de l'ONF, de l'Observatoire de la Cote Aquitaine et du Conservatoire du littoral sur la première dépression (il y en a tellement qu'on s'y perd) de début janvier 2014.

ZOOM GIRONDE

SOULAC :
- Pas d’atteintes au niveau de la station, recul faible au nord au droit des défenses contre la mer, recul assez important plus au Nord entre l’anse des Huttes et le banc St Nicolas.
- Fort recul au Sud de la plage centrale estimé entre 5 et 10 m. Le bâtiment «le Signal » est actuellement à 15 mètres du haut de la falaise (les piquets de repère d’alerte sont tombés).
- Plus au sud, sur l’accès plage dit de l’hippodrome : bâtiment du club de surf et bâtiments annexes déstabilisés par l’érosion ou en partie détruits. Recul de 3 à 10 mètres.
- L’Amélie : Au nord, grosse érosion au niveau des propriétés du Conservatoire du Littoral, très forte attaque au sud des enrochements avec une destruction des défenses au droit de la villa « Surprise » et recul supérieur à 10m. Le pied de la villa se situe à 2 à 4 mètres du haut de falaise. Les propriétés situées entre cette villa et le camping sont fortement impactées. Conjugaison d’une érosion chronique (déficit sédimentaire), de l’impact négatif des ouvrages et des fortes vagues.

MONTALIVET :
- Escalier central détruit
- Epis plage centrale déconnectés de la dune, montrant des niveaux de reculs supérieurs à 5m.

CARCANS :
- Le matelas de sable réalisé au pied du poste MNS en 2013 a joué son rôle mais a été entièrement emporté. Des traces d’amorce de glissement sont visibles sur le versant. Le poste MNS est situé à 5 m de la corniche mais la régularisation de la falaise risque de réduire cette distance et de menacer le bâtiment à très court terme.
- linéaire côtier fortement érodé au Nord et au sud du poste MNS.

LACANAU :
- Dégâts importants en front de mer de la station. Les enrochements ont été submergés par les vagues. La dune située juste en arrière a été fortement érodée (recul de 5 m) et les équipements présents (escaliers, platelages) ont été partiellement détruits.
- Recul important au Nord et au Sud de la station sur au minimum 2 km. Falaises 5 à 7 mètres de haut.
- Au niveau de la plage du « Lion’ » présence d’une falaise vive importante de part et d’autre du poste MNS.

LE PORGE :
- Légère érosion au niveau de l’accès plage centrale du Gressier, falaise de 1,5 mètres de haut sur un linéaire de 50 mètres de part et d’autre de l’accès.
- RAS sur la Cantine Nord

CAP FERRET :
- Le Grand Crohot : RAS
- Le Truc Vert : RAS
- La Torchère (dépôt Vermillon) falaise vive de 2 mètres de haut, démarre 100 mètres au Nord de l’accès et se poursuit loin vers la Sud jusqu’au « Petit Train ».
- Le Petit Train – Plage Horizon : RAS à niveau du poste MNS, falaise visible 150 mètres au Sud.
- La pointe du Cap Ferret : falaise vive de 2 à 4 mètres de haut sur un linéaire important.

LA TESTE :
Le petit Nice : Falaise vive de 6 à 8 mètres de haut, avec présence d’arbres et d’équipements (réseaux, anciennes infrastructures) arrachés. Piste cyclable au Sud du site à 2 mètres du haut de la falaise, menacée.
- La Lagune : Forte érosion au Nord du site, falaise vive de 4 à 6 mètres de haut. Erosion limitée face au site, mais importante quantité de sable transportée par le vent, couche de 30 cm, sur la route la plus à l’Ouest du parking.
- La Salie (Nord) : Forte érosion, le poste MNS est à moins de 8 mètres du haut de la falaise, le bâtiment est menacé. Hauteur de falaise 6 à 8 mètres. Le linéaire en forte érosion est d’environ 2 km.


Bien évidemment si vous avez plus de précisions, des photos à poster pour illustrer ou affiner certains des relevés n'hésitez surtout pas ! Le but est d'avoir la vision la plus précise et actualisée possible.

mardi 4 février 2014

A sea for yourself

En remerciant Retro Modern Love pour la trouvaille, je suis retombé sur ces extraits de la vidéo A Sea For Yourself d’ Hal Jepsen avec des vagues sur les côtes Basques et Landaises qui à l’époque ont du sacrément faire rêver plus d’un surf tripper étranger sur le potentiel du pays.

En 2014 ces visions idylliques laissent songeur sur une époque dépassée (j'ose espérer que non !!!) sans leash, sans écoles de surf, sans champions locaux à l’eau, mais tout simplement comme le dit si justement Retro, avec des surfeurs.

Sans parler du style qui définitivement me semble plus gracieux...plus fluide, plus dans la recherche de la courbe ample et rafinée.
Amusant de constater toujours plus comme le surf moderne, avec ses planches fines et légères, ont apporté un style plus radical qui finalement me touche tellement moins.

Enjoy !


mardi 28 janvier 2014

Bilan Erosion Janvier 2014 - Cote sableuse #1

La façade atlantique sableuse de l’Aquitaine constitue une bande longue de 230 km dont 125 km dans le département de la Gironde, 100 km dans les Landes et 5 km dans les Pyrénées-Atlantiques au Sud de l’embouchure de l’Adour.

Les dunes domaniales publiques occupent 81 % de ce linéaire soit 186 km.

Le début d’hiver 2013-2014 a été marqué par des épisodes d’attaques marines sur le littoral atlantique qui ont fortement dégradé le cordon dunaire.
Ces épisodes sont caractérisés par des fortes houles (H> 3m). Les hauteurs de houle ont même dépassé les 5 à 7 m sur plusieurs périodes : du 23 au 27 Décembre et du 03 Janvier au 07 Janvier.

La première période était liée à une forte dépression qui a apporté des vents violents de Sud-Sud Ouest sur le Nord atlantique, et jusqu’à 100 km/h en Aquitaine. La seconde période a présenté des vents forts (80km/h) en début d’évènement et des houles extrêmes (7 à 9 m, période de 16 à 22 sec.) associées à des forts coefficients de marée.

Les impacts prévisibles sur le littoral ont amené l’ONF, l'Observatoire de la Côte Aquitaine et le Conservatoire du littoral à mobiliser son réseau de techniciens implantés sur le littoral Aquitain.

Si le premier évènement (24/12/2013) n’a pas généré d’attaque importante (petits coefficients) mais des sessions magiques et épiques (!), la seconde période a significativement impacté une partie du littoral :

Le médoc a connu des érosions fortes avec la généralisation de falaises vives de grande hauteur à très forte pente :
- Le secteur entre Montalivet et Soulac a été particulièrement affecté, avec un recul rapide de certains secteurs remettant en cause l’existence de bâtiments ou d’infrastructures.
- Le secteur allant du Sud de Lacanau au Nord de Lège est plus épargné.
- Autour du bassin d’Arcachon, les plages du sud du Cap Ferret ainsi que celles de la Teste de Buch (Salie, Petit Nice) ont subi des érosions importantes.

Dans le département des Landes, les érosions sont plus modérées en général, les falaises vives entaillant surtout les hauts de plages ou les pieds de dunes.
Des submersions se sont produites de manière localisée dans les courants landais (estuaires).

Toutefois, le Sud landais entre Capbreton et Ondres à subit des érosions fortes, créant des falaises très importantes et continues. De manière générale, les plages se sont fortement abaissées et ne présentent plus de reliefs importants pouvant résister aux assauts de l’océan. Cette fragilité est renforcée par la disparition temporaire des barres sableuses intertidales.

Aussi, les prochaines périodes de grands coefficients risquent d’être érosives et doivent être surveillées, d'autant plus qu'aucune période de beau temps n’a eu lieu entre temps pour permettre un rechargement naturel des plages.

Il sera donc nécessaire de faire un nouveau point fin mars 2014.

 
Deux zoom Gironde et Landes suivront prochainement.

jeudi 2 janvier 2014

Histoire d'eaux

En ces temps d'élections municipales durant lesquelles les enjeux environnementaux se devront de revenir au premier plan dans les communes littorales, il est amusant de constater que la commune de Biarritz, dès les années 30, avait une idée précise du potentiel exceptionnel de l'océan en termes d'énergie renouvelable.
Si le projet était révolutionnaire en termes d'énergie, mais problématique en termes d'aménagement du territoire étant donné que l'objectif était tout de même de développer une véritable centrale électrique à termes à Biarritz, il est toujours drôle de faire quelques parallèles temporels avec aujourd'hui où Biarritz construit une cité de l'océan déficitaire, souhaite ériger un parking gargantuesque dans la falaise et déverse ses eaux usées non traitées en cas de fortes pluies directement dans l'océan.
Il est plus que jamais d'actualité que de prendre en compte le fabuleux potentiel que concentre l'Océan pour une commune littorale. Au lieu de l'exploiter uniquement en termes touristiques pour l'alimentation de la carte postale, il serait utile d'élargir enfin le champs des possibles autour de notre matrice originelle. Le volet énergie ne serait qu'un de ceux-là.

***

C'est l'histoire du laboratoire hydrodynamique marin, étrange cylindre de béton situé au pied du cap Saint-Martin où est érigé le phare de Biarritz, affrontant les assauts de l'océan et dont l'existence est aujourd'hui oubliée.


Dans les années 30, Paul Grasset imagina en effet produire de l'électricité bon marché à Biarritz en exploitant les vagues.
À compter de 1929, l'ingénieur y expérimenta « un bélier-syphon maritime à chambre barométrique » dont il avait déposé les brevets. Un procédé révolutionnaire de production d'électricité bon marché à partir de la houle maritime imaginé en pleine crise économique.

Visionnaire, il envisageait de développer, depuis Biarritz, un modèle d'usine pour l'ensemble du littoral français ainsi que les colonies.

De ce projet avant-gardiste qui aurait pu faire de la station balnéaire une immense capitale industrielle, ne subsistent que les vestiges du laboratoire et trois documents conservés aux archives municipales de la ville dont une notice technique.


Le dispositif de captation de l'eau était simple.
Les vagues pénétraient par les bouches situées au pied de la construction puis l'eau remontait le long d'un tuyau sous l'effet des coups de bélier de la houle _des clapets l'empêchant de redescendre_ avant de déboucher dans un réservoir à chambre barométrique. Elle était ensuite dirigée vers des turbines actionnant une centrale électrique également dotée de dynamos et d'alternateurs.


Une variante du projet prévoyait une remontée des eaux vers un bassin de stockage situé non loin du phare. De là, une chute artificielle alimentait une centrale électrique. Un réseau à haute tension devait permettre d'acheminer l'électricité vers la ville.

Ce procédé devait fournir « une énergie illimitée, nuit et jour, sans emploi de combustible ». Des économies considérables pouvaient ainsi être réalisées sur le charbon, principale source d'énergie de l'époque. Ce courant aux faibles coûts de production devant être utilisé « aussi près que possible des centres de consommation », cette centrale électrique devait donc induire localement tout un développement du secteur industriel.

Hélas, ou fort heureusement, les aléas économique mirent à mal ce projet. Les travaux de construction s'interrompirent dès 1931 en raison des difficultés de la crise. La Seconde Guerre mondiale mit un terme définitif à ce projet de centrale électrique à Biarritz, l'une des toutes premières expériences d'utilisation d'énergies renouvelables au monde.