mardi 22 novembre 2011

Décollage immédiat

Heartland III

A l'image de ce que réalise le World Surfing Réserves, programme destiné à protéger les spots de surf en les classant "réserves mondiales du surf" au travers de 4 critères (qualité des vagues, importance de la culture surf sur la zone, caractéristiques environnementales et le soutien communautaire), saluons ce qui se fait à Cenitz.

Si les connaisseurs adoptent souvent ce spot plus secret et intime du pays basque pour ses sessions du soir si agréables et sa lumière incomparable au line-up, c'est toute la baie dans son ensemble qui a été préservée grâce à l'action de la commune et du Conservatoire du littoral, propriétaire de la zone depuis 2003.

Coupure d'urbanisation entre St Jean et Guéthary, 

Sublime promontoire d'observation de l'océan, 

le lieu accueille également quelques espèces remarquables comme la marguerite à feuilles charnues, le grémil prostré ou la vigne sauvage.
En ce qui concerne les insectes, on peut citer également la présence de la laineuse du prunellier, papillon présent sur la liste Natura 2000.

Un véritable sanctuaire du surf, dans son approche globale.


Agatha's longboard

Je l'avoue.
J'ai shapé la planche d'Agatha Christie en 1922.


El mar, mi alma

J'étais passé à côté de cette petite merveille indé filmée en 16mm l'année dernière et diffusée en avant-première lors du festival de surf de San Sebastian 2010.
Actuellement en tournée promotionnelle (Chili, Australie) nous espérons le voir passer par ici bientôt.

Une oeuvre poétique remarquable qui nous vient du Chili.
On pense bien évidemment à "l'ode à la mer" de Pablo Neruda.



mardi 15 novembre 2011

Alaianesque

L'alaia incarne la quintessence du surf.
Planche en bois sans ailerons, taillée d'une seule pièce dans le bois de Koa qu'utilisaient les anciens surfeurs polynésiens, elle est sortie d'outre-tombe grâce à l'action du célèbre shaper Tom Weneger.

Rob Machado, artiste surfeur à la glisse fluide et zen montre à la fois toute sa sensibilité et la dextérité de son art tout en finesse dans ce petit extrait.
Il témoigne au passage et une fois de plus de toute l'envergure de son talent, tant tous les glisseurs savent combien manier une alaia demande une technique et une légèreté des plus phénoménales, démontrant au passage et s'il en est besoin combien les ancêtres polynésiens devaient être des surfeurs d'une autre planète !




Chevelures aquatiques

On savait le vent sculpteur, modeleur, dévastateur, nettoyeur, mais il peut être également un brillant coiffeur.
Il nous a offert ce dimanche et ce lundi un spectacle une nouvelle fois magnifique pour les surfeurs girondins chanceux et disponibles ces soirées là.

Le vent est essentiel à tous les phénomènes météorologiques et donc au cycle de l'eau sans lequel nulle vie à base d'eau ne serait possible hors des océans.
Le vent est surtout l'acteur principal de l'oxygénation des océans par agitation de sa surface, la circulation engendrée par son action permettant de disperser de nombreux agents organiques et minéraux.
Comme les courants marins, il est caractérisé par la loi de la dynamique des fluides. Il est ainsi fascinant d'apprendre qu'il existe une interdépendance entre ces deux circulations de fluide, interdépendance qui doit faire écho avec nos propres mouvements d'énergie internes qui doivent sans cesse être régulés.

Mais le vent a donc également des talents de peintre capillaire, drapant les vagues de coiffures iodées qui enveloppe de toute son énergie le surfeur surplombant sa crête.

Plan d'eau totalement lisse, vent offshore régulier et une lumière d'automne à tomber...
Il n'y a alors qu'une seule chose à dire, comme à chaque fois, en sortant de l'eau au coucher du soleil après plus de deux heures de danse...Merci.




"Le vent purifie la route"

Les Purânas


Sam et le sable

Nous avions déjà évoqué par ici le travail pharaonique de Jim Denevan passé maître en matière de land art sur le sable.
Mais nous avons de par chez nous de quoi rivaliser...
Sam Dougados, surfeur biarrot vient en effet de recevoir la consécration de son art de plage en devenant champion du monde de beach art ce 30 octobre sur l'île de Jersey.
Il est l'un des meilleurs spécialistes de l'arenaglyphe (du latin arena, sable et du grec gluphein, graver).

C'est l'auteur de cette demande en mariage originale déjà souvent citée et que certains avaient pu voir sur la cote des basques, plage parfaite pour ce genre de travail puisque le sable y est particulièrement ferme, plat et humide à marrée basse et que le spot offre des vues imprenables sur les falaises.


Tout l'intérêt de ce travail est très certainement l'interaction avec le public qu'il engendre, celui-ci longeant et sautant au-dessus des lignes au grès de son élaboration.

Que dire également de l'intégration avec l'environnement que ce style d'oeuvre d'art implique. Si l'eau est née dans l'eau, l'océan, cette forme de peinture sur une toile mouvante permet une pleine conscience de soi par l'éveil de tous ses sens. 

Mais une fois de plus, comme nous l'avions évoqué précédemment, c'est bien par l'aspect éphémère de cet art qu'il nous touche le plus.
Une fleur est belle et séduit universellement non seulement par son odeur et sa couleur, mais surtout par sa fragilité ; de même le papillon émerveille les grands et les petits parcequ'il ne vivra que deux jours.
Avec ce travail sur le sable, c'est une toile blanche qui s'affiche à chaque marée.


"La beauté pour être émouvante,
doit être éphémère"

Robert Doisneau

mardi 1 novembre 2011